Maison en indivision entre frère et sœur : droits, solutions pour sortir de l’indivision et modèles pratiques

Location02/01/26Par Algerino PasContent6 min de lecture
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Maison en indivision entre frère et sœur : droits, solutions pour sortir de l’indivision et modèles pratiques

Une maison en indivision entre frère et sœur se gère, mais elle se dégrade vite si personne ne pilote: comptes flous, travaux repoussés, occupation qui fâche. Vous avez des droits pour décider, faire avancer la gestion et, surtout, sortir de l’indivision par une solution amiable ou judiciaire.

L’essentiel en quelques mots

  • Vous pouvez sortir de l’indivision: « nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision » (art. 815 du Code civil).
  • La gestion du quotidien se décide à la majorité des 2/3 des droits indivis (art. 815-3), mais la vente demande en principe l’unanimité, avec des recours possibles au juge.
  • Occuper seul la maison peut entraîner une indemnité d’occupation due aux autres, sauf accord contraire.
  • Le conflit coûte cher: prévoyez un budget de l’ordre de 5 000 à 15 000 € si une procédure devient nécessaire, avec un risque de décote en vente judiciaire.

Comprendre ce que vous possédez vraiment en indivision

Dans une indivision successorale, vous êtes plusieurs propriétaires d’un même bien immobilier, mais chacun détient une quote-part (un pourcentage de droits), pas « une pièce » ou « un étage ». Cela change tout: tant que le partage n’est pas fait, la maison appartient à tous, et les décisions doivent suivre des règles communes.

Concrètement, à 3 héritiers, chacun peut avoir 33,33 % des droits. À 4, 25 %. À 6, 16,66 %. Ce sont ces pourcentages qui servent à voter certaines décisions, à répartir les charges et, le jour où vous vendez, à partager le prix.

Qui décide quoi ? Les règles simples à garder en tête

La première question que j’entends, y compris de familles très soudées, c’est: « Qui a le dernier mot ? » Le droit organise une différence nette entre la gestion du quotidien et les actes plus lourds.

Situation Règle de décision Ce que cela implique pour vous
Actes de gestion courante Majorité des 2/3 des droits indivis (art. 815-3) Vous pouvez avancer sans attendre l’unanimité, si vous regroupez 2/3 des quotes-parts.
Vente du bien Unanimité en principe, sauf dérogation judiciaire Si blocage, le juge peut être saisi, notamment si au moins 2/3 des droits demandent la vente.
Mesures urgentes (conservation) Un seul indivisaire peut agir Réparations nécessaires possibles sans attendre, pour éviter une dégradation du bien.
Sortie de l’indivision Possible à tout moment (art. 815) Vous pouvez demander le partage ou la vente, même si un autre s’y oppose.

Sur le terrain, à Paris et en Ile-de-France, je vois souvent le même piège: tout le monde repousse les décisions « pour préserver l’ambiance », puis les factures et les petits travaux s’accumulent. La maison se dégrade, et l’on se retrouve à parler procédure alors qu’il aurait suffi d’une organisation minimale dès le départ.

Occupation de la maison: ce que vous pouvez demander (sans vous mettre en faute)

Si un frère ou une sœur occupe seul la maison, il peut devoir une indemnité d’occupation aux autres indivisaires, sauf si vous avez convenu d’autre chose. Ce sujet est hautement conflictuel parce qu’il mélange finances et affect, mais il faut le traiter comme une règle de gestion.

Mes conseils pour éviter l’escalade: posez les choses par écrit, chiffre à l’appui, et fixez un calendrier. Quand la discussion dérape, une mise en demeure peut remettre un cadre. Et si la situation est tendue, la médiation familiale peut aider avant d’ouvrir un contentieux.

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Organiser l’indivision sans y passer vos week-ends

La meilleure protection, c’est de rendre la gestion « administrable ». Le premier réflexe utile est de formaliser qui fait quoi, qui paie quoi, et comment vous votez. Quand l’indivision doit durer, la convention d’indivision (établie par notaire pour un bien immobilier) sert précisément à ça. Elle peut être prévue pour une durée de 5 ans maximum, renouvelable, et pendant cette durée vous renoncez à demander le partage.

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  • Mettre tout par écrit: règles de majorité, désignation d’un gérant ou mandataire, dépenses, travaux, occupation et indemnité.
  • Tracer l’argent: compte commun ou, à défaut, un suivi clair des paiements et justificatifs.
  • Prévoir la sortie dès le départ: rachat, vente amiable, partage, SCI, ou recours au juge si blocage.

Une anecdote de terrain: j’ai vu des fratries se déchirer sur « qui a payé la toiture » simplement parce que rien n’était documenté. Avec un relevé partagé et une règle écrite de répartition, la discussion aurait duré dix minutes, pas deux ans.

Sortir de l’indivision: vos options concrètes

Vous avez plusieurs chemins possibles, et le bon choix dépend surtout de deux paramètres: votre capacité à trouver un accord et votre besoin de délai. Sur le papier, l’article 815 est très clair: vous pouvez sortir de l’indivision. Dans la pratique, il faut choisir la méthode.

  • Rachat de parts entre frère et sœur: l’un garde la maison et indemnise les autres selon leurs quotes-parts.
  • Vente du bien et partage du prix: solution simple si tout le monde accepte (unanimité en principe).
  • Vente ou cession de droits à un tiers: possible, mais encadrée par une notification officielle et un droit de priorité des co-indivisaires.

Si vous vendez vos droits à un tiers, la notification doit être faite par acte d’un commissaire de justice, avec le prix, les conditions et l’identité de l’acheteur. Les autres indivisaires disposent alors d’un délai de 1 mois pour exercer leur priorité d’achat. Et une contestation peut, dans certains cas, aboutir à une annulation dans un délai de 5 ans.

Et si personne ne tombe d’accord ? Le judiciaire, avec ses coûts et ses risques

Quand le blocage est durable, la voie judiciaire peut conduire à un partage judiciaire et, souvent, à une licitation judiciaire (vente dans un cadre imposé). Le juge peut aussi, selon les situations, maintenir l’indivision jusqu’à 5 ans. Vous perdez alors une partie du contrôle sur le calendrier.

Deux chiffres doivent rester dans votre tête au moment de trancher. D’abord, une maison laissée sans entretien peut perdre 10 à 20 % de sa valeur. Ensuite, une vente judiciaire peut se faire avec jusqu’à 30 % de décote. Ajoutez à cela un budget de procédure souvent estimé entre 5 000 et 15 000 € en cas de conflit: on comprend pourquoi l’amiable, quand il est possible, est rarement une mauvaise affaire.

« En indivision, le vrai risque n’est pas seulement juridique: c’est le temps qui passe sans décision, et la valeur du bien qui s’érode pendant que la famille s’épuise. »

Quand contacter un notaire, un avocat, un médiateur: le bon réflexe

Si votre objectif est un partage amiable, une convention d’indivision ou une vente, le notaire est généralement le premier interlocuteur. Si la discussion est bloquée ou si une action est envisagée devant le tribunal judiciaire, un avocat peut sécuriser la stratégie et les actes. Et si le conflit est surtout relationnel, la médiation familiale peut permettre de revenir à une solution chiffrée et acceptable.

Le Paris de l’Immobilier vous accompagne pour clarifier vos options, préparer votre dossier et avancer avec une méthode simple. Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez faire le point avant de solliciter un notaire ou un avocat, notamment pour mettre au clair les quotes-parts, l’occupation, et le scénario de sortie le plus réaliste.

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